Suite de Syracuse :Problème 3_2 compressé
Avertissement : le propos n'est pas d'apporter la preuve qu'à force de diviser un entier par 2 ou à défaut de le multiplier par 3 et d'ajouter 1 on finit toujours par rallier 1
L'apparent chaos qui ressort du suivi d'une suite particulière cache un ordre subtil qui régit l'ensemble de toutes les suites possibles
Pour tourner autour du pot on examinera les algorithmes apparentés et les conditions d'apparition de boucles.
D'autres membres de la famille :
En inversant le rôle de 2 et 3: |
En prolongeant vers les négatifs en changeant de signe : |
En remplaçant 3 par 5 : |
Par itération ou conjugaison d'autres algorithmes apparentés sont définis.
Les algorithmes sont associés à une partition finie de IN dont une ligne s'écrit : a n + b → n
Ici pour le problème 3_2 la première ligne s'écrit : 2 n → n
Problème 3_2 compressé :
U est une suite récurrente.
Soit à définir l’application F dans IN telle que Un+1 = F(Un)
La forme explicite de F se décompose en :
F0(x) = x/2 |
pour x = 0 mod 2 |
ou bien en posant x = 2 n (n entier naturel) : |
2 n + 0 → n |
F1(x) = (3 x + 1) / 2 = 3/2(x + 1) -1 |
pour x = 1 mod 2 |
ou bien en posant x = 2 n + 1 : |
2 n + 1 → 3 n + 2 |
On voit déjà que 0 est un point isolé et que 1, 2 forment une boucle
Illustration graphique
En rouge les points de la droite y = x / 2 ,en vert ceux de la droite y = ( 3x + 1) / 2 et en bleu la droite y = x
On peut déjà remarquer que 0 est un point isolé et que 1 et 2 forment une boucle.
Itération de l’algorithme
En dédoublant n en 2 n et 2 n+1 on obtient les formules de F2 qui correspondent aux 4 composées de 2 des applications F0 et F1
4 n |
→ |
n + 0 |
F2(x) = x / 4 |
4 n + 2 |
→ |
3 n + 2 |
F2(x) = ( 3 x + 2 ) / 4 |
4 n + 1 |
→ |
3 n + 1 |
F2(x) = ( 3 x + 1 ) / 4 |
4 n + 3 |
→ |
9 n + 8 |
F2(x) = ( 9 x + 5 ) / 4 |
On peut définir de proche en proche les formules de Fk qui comprend 2k lignes.
On y trouvera en particulier :
2k n |
→ |
n + 0 |
Fk(x) = (1/2k) x |
2k n + 2k - 1 |
→ |
3k n + 3k - 1 |
Fk(x) = (3/2)k (x + 1) - 1 |
Algorithme conjugué
On profite ici que dans l'arbre des suites possibles un impair n'est jamais très loin d'un autre impair !
Examinons les enchaînements suivants (entre les nombres impairs de la suite) :
2 (2 n +1) + 1 → 6 n + 5 = 2(3 n +2) + 1
2 (4 n ) + 1 → 12 n + 2 → 6 n + 1 = 2 ( 3 n ) + 1
2 ( 4 n + 2) + 1 → 12 n + 8 ) → → 3 n + 2 ← 2( n ) + 1
le même « n » code les homologues 2 n + 1 et 3 n + 2 .( Le 2° étant l'image par F1 du premier)
si on pose u(n) = 2 n + 1 on a :
|
u |
|
Fk |
|
u-1 |
|
a n + b |
→ |
2 ( a n + b ) + 1 |
→ |
2 ( c n + d ) + 1 |
→ |
c n + d |
On définit K par u-1 o Fk o u d'où la dénomination « conjugué »
Ces codes s'enchaînent selon l'algorithme K suivant :
2 n + 1 |
→ |
3 n + 2 |
4 n |
→ |
3 n |
4 n + 2 |
→ |
n |
Cet algorithme peut être lui-même itéré
Si à n on substitue respectivement 2 n + 1 , 4 n ,et 4 n + 2 on trouvera dans l’ordre croissant des termes constants les 9 lignes définissant K2
16 n |
→ |
9 n |
8 n + 1 |
→ |
3 n |
16 n + 2 |
→ |
3 n |
4 n + 3 |
→ |
9 n + 8 |
8 n + 4 |
→ |
9 n + 5 |
8 n + 5 |
→ |
9 n + 6 |
8 n + 6 |
→ |
3 n + 2 |
16 n + 8 |
→ |
3 n + 1 |
16 n + 10 |
→ |
n |
Examinons la suite qui démarre à 27 :
27 |
41 |
62 |
31 |
47 |
71 |
107 |
161 |
242 |
121 |
182 |
91 |
137 |
206 |
103 |
155 |
233 |
350 |
175 |
263 |
395 |
593 |
890 |
445 |
668 |
334 |
167 |
251 |
377 |
566 |
283 |
425 |
638 |
319 |
479 |
719 |
1079 |
1619 |
2429 |
3644 |
1822 |
911 |
1367 |
2051 |
3077 |
4616 |
2308 |
1154 |
577 |
866 |
433 |
650 |
325 |
488 |
244 |
122 |
61 |
92 |
46 |
23 |
35 |
53 |
80 |
40 |
20 |
10 |
5 |
8 |
4 |
2 |
Examinons la suite conjuguée qui démarre à 13
13 |
20 |
15 |
23 |
35 |
53 |
80 |
60 |
45 |
68 |
51 |
77 |
116 |
87 |
131 |
197 |
296 |
222 |
55 |
83 |
125 |
188 |
141 |
212 |
159 |
239 |
359 |
539 |
809 |
1214 |
303 |
455 |
683 |
1025 |
1538 |
384 |
288 |
216 |
162 |
40 |
30 |
7 |
11 |
17 |
26 |
6 |
1 |
2 |
0 |
|
Si on utilise K2 on n’a plus qu’un terme sur 2 de la suite précédente. On a moins de terme mais on allonge le temps de calcul de chacun !
La chasse aux boucles
Pour a = 1 ou 2 , F2(a) = (3 a + a) / 4 = a
soit F2(a) / a = 3/4 + 1/4 = 1 et 3/4 apparaît comme valeur approchée par défaut de 1 par défaut.
Est-il possible de retrouver des situations comparables pour des puissances supérieures de F avec un coefficient de proportionnalité proche de 1
Si on compose h applications Fi dont k fois F1 on a des lignes de la forme 2h n + a → 3k n + b dont le coefficient de proportionnalité est 3k / 2h
Le tableau suivant permet de débusquer h pour viser un coefficient proche de 1
k |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
k*log(3)/log(2) |
1,58 |
3,17 |
4,75 |
6,34 |
7,92 |
Pour k=1 l’arrondi de 1,58 est 2 et cela signifie que 22 est la puissance de 2 immédiatement supérieure à 3
Pour k = 3 on obtient 25 = 32 immédiatement supérieur à 33 = 27
Dans la définition de F5 on relève les 10 lignes associées à la composée de 3 fois F1 avec 2 fois F0
32 n + 1 |
→ |
27 n + 2 |
32 n + 22 |
→ |
27 n + 20 |
32 n + 11 |
→ |
27 n + 10 |
32 n + 23 |
→ |
27 n + 20 |
32 n + 14 |
→ |
27 n + 13 |
32 n + 25 |
→ |
27 n + 22 |
32 n + 18 |
→ |
27 n + 17 |
32 n + 28 |
→ |
27 n + 26 |
32 n + 19 |
→ |
27 n + 17 |
32 n + 29 |
→ |
27 n + 26 |
Les homologues pour n= 0 sont proches mais jamais égaux !
Pour k = 5 on obtient 28 = 256 immédiatement supérieur à 35 = 243
Dans les 256 formules de F8 si on relève les lignes correspondant aux composées de 5 foisF1 avec 3 fois F0 on met en évidence des couples homologues et on est conduit à la même conclusion que dans le cas précédent.
On peut craindre ou espérer qu’il n’y ait qu’une seule boucle : 1,2,1,...
L’arbre des suites possibles pour l’algorithme initial :
Esquisse de l’arbre des antécédents de 3 n + 2
3 n + 2 |
← 2 n + 1 |
6 n + 4 |
|
12 n + 8 = 3 ( 4 n + 2 ) + 2 |
← 2( 4 n + 2 ) + 1 |
4k ( 3 n + 2 ) = 3 ( 4k n + 2 (4k – 1) / 3) + 2 |
← 2 ( 4k n + 2 (4k – 1) / 3 ) + 1 |
4k = (1 + 3)k = 1 + 3k + 32 h (début du développement de Newton ) d'où ( 4k – 1 )/ 3 = k + 32 h
Remarque :2 (4k n + 2 (4k – 1) / 3 ) + 1 est congru à 2 n + 2 k + 1 modulo 3
Une suite de la forme 4k n sera désignée comme une branche (féconde) de l’arbre et leurs antécédents jusqu’à un impair multiple de 3 sera baptisé rameau.
On pose u : 2 n + 1 → 3 n + 2 puis v : 4 n + 1 → 3 n + 1
Remarque : ces 2 applications sont associées à l'ordre près aux 2 premières lignes de l'algorithme par conjugaison
Un rameau relie un multiple impair de 3 à un entier divisible par 4 par la composée d’un nombre quelconque d’applications u, v
Le plus court, part d’un impair multiple de 3 ayant pour image un multiple de 4
Cela se produit pour 24 n + 21 → 36 n + 32 soit 3 ( 8 n + 7 ) → 4 ( 9 n + 8) ( qui a pour image 9 n + 8 ce dernier étant un marqueur du rameau court)
En multipliant un marqueur par 43 on retrouvera un nouveau marqueur
43 ( 9 n + 8 ) = 9 ( 64 n + 56 ) + 8
Une suite particulière ne peut pas déboucher sur plusieurs boucles. L’arbre des suites possibles contient a-priori plusieurs composantes connexes.
Les antécédents des nombres composant une boucle forment une des composantes connexes de l’arbre.
Les rameaux courts apparaissent dans chaque composante connexe.
Entre 8 et 512 ( pour l’ordre naturel) qui sont des antécédents de 1 on n’est pas assuré d’être dans cette même composante
On vérifie sans peine que tous ces marqueurs sont antécédents de 1 ce qui est de nature à renforcer la conviction qu’il n’y a qu’une seule composante connexe.
Cela signifierait que toutes les suites conduisent à la boucle 1,2.
D’autres régularités dans l’arbre des suites possibles
La composée de k applications u v s’exprime par : 2h n + b → 3k n + d
En posant p(k) = 3k et en remontant dans l’arbre par une multiplication par 4p(k) on retrouvera une fraction de rameaux semblable à la précédente :
(Les entiers diffèrent mais l'enchaînement des applications est le même.)
Rappelons que pour a et h entiers ( 1+ a )3 = 1 + 3 a + a2 h
Supposons que 4 p(k) soit congru à 1 modulo p(k) soit : 4 p(k) = 1 + p(k) H (avec H entier)
4 p(k+1) = (4p(k))3 = 1 + 3 p(k) H + (p(k) H)2 h avec 3 p(k) = p(k+1) d’où :
4 p(k+1) = 1 + p(k+1) + p(k+1). p(k-1) H2 h ce qui prouve que pour tout k entier, 4 p(k) est congru à 1 modulo p(k)
Revenons au produit de :3k n + d par 4p(k) :
4p(k). 3k n + d. 4p(k) = 3k ( 4p(k) n ) + (4p(k) – 1) d + d
avec (4p(k) – 1) multiple de p(k) c’est à dire de 3k d’après ce qui précède
Soit h(k) tel que (4p(k) – 1) =3k h(k) on obtient l’expression 3k ( 4p(k) n + d.h(k)) + d
autrement dit, à n, on a substitué 4p(k) n + d.h(k)
L’antécédent de 3k n +d qui est 2h n + b est donc remplacé par 2h (4p(k) n + d.h(k) + b
ces 2 derniers termes n’étant pas dans la même classe modulo 3
On retrouvera une fraction de rameau formé des mêmes applications u,v du départ portant sur des entiers beaucoup plus grands !
Dans les tableaux suivant on retrouve dans la colonne de gauche le produit du terme initial par une puissance de 4.
On « oublie » au passage les multiples qui ne sont pas dans la classe modulo 3 du terme initial
On aurait pu au contraire ne retenir que les puissances congrues à 2 modulo 3 et n’avoir que des « u » dans la première colonne des applications.
Les antécédents d’un impair multiple de 3 sont les produits de ce dernier par une puissance de 2.
Nous faisons le choix de ne pas les afficher !
La première colonne d’applications est 1- périodique ; la 2° est 3- périodique la suivante est 32- périodique etc
La 1° ligne d’application contient « v » indéfiniment ce qui permet de « caler » le point de départ de chaque colonne puis de proche en proche pour les autres termes
Les antécédents de 5 dans le premier tableau se retrouvent dans le second
Les couleurs permettent de repérer tout ou partie de la séquence qui se répète.
1 |
<-v |
1 |
<-v |
1 |
<-v |
1 |
4 |
<-v |
5 |
<-u |
3 |
<-p |
0 |
16 |
<-v |
21 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
64 |
<-v |
85 |
<-v |
113 |
<-u |
75 |
256 |
<-v |
341 |
<-u |
227 |
<-u |
151 |
1024 |
<-v |
1365 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
4096 |
<-v |
5461 |
<-v |
7281 |
<-p |
0 |
16384 |
<-v |
21845 |
<-u |
14563 |
<-v |
19417 |
65536 |
<-v |
87381 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
262144 |
<-v |
349525 |
<-v |
466033 |
<-v |
621377 |
1048576 |
<-v |
1398101 |
<-u |
932067 |
<-p |
0 |
4194304 |
<-v |
5592405 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
|
|
|
|
|
|
|
5 |
<-u |
3 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
20 |
<-u |
13 |
<-v |
17 |
<-u |
11 |
80 |
<-u |
53 |
<-u |
35 |
<-u |
23 |
320 |
<-u |
213 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
1280 |
<-u |
853 |
<-v |
1137 |
<-p |
0 |
5120 |
<-u |
3413 |
<-u |
2275 |
<-v |
3033 |
20480 |
<-u |
13653 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
81920 |
<-u |
54613 |
<-v |
72817 |
<-v |
97089 |
327680 |
<-u |
218453 |
<-u |
145635 |
<-p |
0 |
1310720 |
<-u |
873813 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
5242880 |
<-u |
3495253 |
<-v |
4660337 |
<-u |
3106891 |
20971520 |
<-u |
13981013 |
<-u |
9320675 |
<-u |
6213783 |
|
|
|
|
|
|
|
7 |
<-v |
9 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
28 |
<-v |
37 |
<-v |
49 |
<-v |
65 |
112 |
<-v |
149 |
<-u |
99 |
<-p |
0 |
448 |
<-v |
597 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
1792 |
<-v |
2389 |
<-v |
3185 |
<-u |
2123 |
7168 |
<-v |
9557 |
<-u |
6371 |
<-u |
4247 |
28672 |
<-v |
38229 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
114688 |
<-v |
152917 |
<-v |
203889 |
<-p |
0 |
458752 |
<-v |
611669 |
<-u |
407779 |
<-v |
543705 |
1835008 |
<-v |
2446677 |
<-p |
0 |
<-p |
0 |
7340032 |
<-v |
9786709 |
<-v |
13048945 |
<-v |
17398593 |
29360128 |
<-v |
39146837 |
<-u |
26097891 |
<-p |
0 |